
Chaque 24 janvier, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, une date dédiée à la reconnaissance et à la valorisation des cultures du continent africain et de ses diasporas. Instituée par l’UNESCO en 2019, à l’initiative du Togo et de l’ONG RAPEC, cette journée coïncide avec l’adoption de la Charte de la renaissance culturelle africaine, qui consacre la culture comme un levier fondamental de paix, de cohésion sociale et de développement durable.
Placée cette année sous le thème « Héritage culturel, progrès et harmonie : engager la jeunesse africaine afin de renforcer la paix dans le monde », la célébration met en lumière la richesse et la diversité des expressions culturelles africaines, tout en soulignant leur rôle dans la construction d’un avenir partagé. Les arts, le patrimoine matériel et immatériel, les savoirs ancestraux et les industries créatives apparaissent comme des vecteurs essentiels de dialogue interculturel, de compréhension mutuelle et de stabilité dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations.

Cette journée rappelle également la contribution déterminante des peuples afro-descendants à l’héritage universel de l’humanité. Comme l’a souligné la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, l’Afrique dispose d’un « formidable potentiel créatif » dont la valorisation constitue un enjeu stratégique face aux standards culturels mondiaux. L’engagement de la jeunesse africaine s’impose ainsi comme un pilier central, à la fois pour assurer la transmission des héritages culturels et pour inscrire ces patrimoines dans une dynamique de progrès et d’innovation au service de la paix.
Au Togo, la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante s’inscrit dans une vision politique affirmée, portée par le Gouvernement et mise en avant par le Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Monsieur Isaac TCHIAKPÉ. Lors de la Journée culturelle du 9ᵉ Congrès panafricain, ce dernier a rappelé avec force que « la culture n’est pas un supplément d’âme ; elle est un levier stratégique », un instrument de souveraineté, de mobilisation des ressources propres, de cohésion de la grande famille africaine et de reconquête du narratif du continent.

Dans son discours, le Ministre Isaac TCHIAKPÉ a insisté sur la nécessité de dépasser le cadre symbolique des célébrations pour inscrire l’action culturelle dans la durée. « Notre responsabilité est d’éviter que cette journée ne demeure qu’un moment » et d’en faire « un point de départ » pour des actions concrètes, notamment en matière de coopération culturelle panafricaine, de structuration des industries culturelles et créatives, et de renforcement de la diplomatie culturelle africaine. Cette approche rejoint pleinement le thème de l’année, en plaçant la jeunesse, la diaspora et l’Afrique au cœur des dynamiques de progrès et d’harmonie.
Le discours a également mis l’accent sur la reconquête du récit africain. Selon le Ministre, « aucune puissance ne s’affirme en laissant les autres raconter son histoire », d’où l’urgence de produire, d’archiver et de diffuser les patrimoines et les créations culturelles africaines à partir de leurs propres prismes. La numérisation des archives, le soutien à la création de contenus culturels et la protection éthique des œuvres à l’ère du numérique constituent, à cet égard, des leviers majeurs pour renforcer la paix, la compréhension mutuelle et l’influence culturelle de l’Afrique.
Ainsi, la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante apparaît comme un moment fort de mobilisation collective autour d’une ambition partagée: faire de l’héritage culturel africain un socle de progrès, d’harmonie et de paix durable. En célébrant le 24 janvier, le Togo réaffirme, son engagement historique et son rôle moteur dans la promotion d’une culture africaine organisée, portée par une jeunesse consciente de ses racines et résolument tournée vers l’avenir.