Dans le cadre du soutien de l’Organisation du Monde Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ICESCO) à la culture au Togo, le Ministère de la culture et du tourisme a bénéficié à travers la direction du Patrimoine culturel, d’un financement grâce à un projet de formation au bénéfice des artistes plasticiens du Togo. Il s’agit d’un atelier national de renforcement des capacités de vingt (20) artistes plasticiens (dont 10 femmes) au niveau des idées, des matériaux et des techniques.
Présidé par Bakayota Koffi KPAYE, le Directeur de cabinet représentant le ministre de la culture et du tourisme, le lancement officiel de cet atelier a eu lieu ce mercredi 13 septembre 2023 dans la salle de réunion du ministère de la communication et des médias.
Ce projet novateur et d’une grande originalité est une contribution à la professionnalisation de l’écosystème artistique pour permettre aux participants d’être beaucoup plus créatif et original dans le domaine des idées, des matériaux et des techniques.

Durant trois jours, il s’agira pour le formateur Assou ASSOU, Trésor humain vivant de l’UNESCO, Artiste plasticien, Designer, Professeur Titulaire à l’Ecole africaine des métiers d’architecture et d’urbanisme (EAMAU) de Lomé, de former les artistes plasticiens dans le renouvellement des idées et du discours qui sont les socles d’une véritable création; emmener les artistes plasticiens à créer à partir des matières premières que sont les matériaux locaux comme les matériaux importés du moment où c’est l’artiste qui ennoblit la matière ; outiller les artistes plasticiens à la maitrise des techniques de la création plastique.
Durant ces trois (3) jours, chaque séance quotidienne sera consacrée à une créativité. Créativité au niveau des idées ; créativité dans le domaine des matériaux et créativité dans les techniques. Les 20 artistes retenus à travers un appel à candidatures sont issus de toutes les filières plastiques : la peinture, la sculpture (haut-relief, bas-relief, ronde-bosse), la gravure, le dessin, l’installation, la vidéo, la photographie, la performance, les arts muraux (graffitis, tags, projections d’images animée sur les édifices, etc.)
L’art reflète et appartient à la période et à la culture dont il est issu. Il est forcément limité à notre époque et à notre culture. Décrit comme quelque chose de beau, ou un savoir-faire qui produit un résultat esthétique, on pourrait dire que l’art nécessite une réflexion – une sorte d’impulsion créative – mais cela soulève d’autres questions : par exemple, quelle est la quantité de réflexion nécessaire ? Si quelqu’un jette de la peinture sur une toile, en espérant par cette action créer une œuvre d’art, le résultat constitue-t-il automatiquement de l’art ? L’art est souvent considéré comme le processus ou le produit d’une disposition délibérée d’éléments de manière à faire appel aux sens ou aux émotions. Il englobe un large éventail d’activités humaines, de créations et de modes d’expression. Les arts plastiques contemporains brisent les barrières entre les genres. On y rencontre les genres traditionnels mais d’autres médias s’y sont invités.
Le Togo ne dispose pas encore d’école ni de musée des Beaux-arts. Il compte ainsi très peu de diplômés des Beaux-arts. Ceux qui ont bénéficié d’une formation dans les écoles d’art l’ont fait à l’étranger. La majorité des artistes plasticiens du Togo ont appris le métier chez un amateur ou un professionnel. Mais à côté, il y a plusieurs autres autodidactes qui au fil des années se sont formés diversement et ont bénéficié des appuis, soutiens et conseils multiformes. Bien d’entre eux sont dans la débrouillardise. Comme il n’y a pas d’institution de formation dans le domaine, beaucoup pensent qu’être autodidacte, c’est s’éloigner des règles de l’art, les ignorer et faire comme on peut. Or il est clair qu’un autodidacte, c’est quelqu’un qui s’est formé par lui-même en récoltant des informations didactiques et pédagogiques dans tous les sens. La formation reste et demeure un défi de taille à relever dans l’écosystème des arts plastiques au Togo.
L’ICESCO, qui a son siège à Rabat au Royaume du Maroc, a commencé ses activités au Togo suite à l’adhésion de notre pays en 2002.